La propagande est un des avatars de la communication. C'est le nom qui a simplement changé.

La propagande politique est un ensemble de moyens et de techniques, notamment de communication, visant à influencer une cible donnée pour lui faire adopter une opinion. Oui, c’est comme le marketing : on change juste « propagande politique » par « publicité », et « adopter une opinion » par « acheter un paquet de lessive ». Aurélie, dans un nouvel épisode de La communication en décryptage, nous explique tout cela.

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la question de la propagande politique.

Qu’est-ce que la propagande politique ?

Bon, dis comme ça, ça peut effrayer. Quand on dit propagande, on pense plus facilement à Goebbels qu’à une bête action de communication.

Les origines de la propagande politique

C’est assez logique. Historiquement, le terme de propagande n’apparaît pas dans des conditions particulièrement joyeuses. L’utilisation moderne du mot propagande tire son origine de la « Congregatio de Propaganda Fide », ou « Congrégation pour la propagande de la foi ». Cette institution créée en 1572 avait pour but d’endiguer la Réforme protestante et bien sûr de diffuser l’idéologie du Vatican.

La propagande politique au XXe siècle

Évidemment, il faut attendre quelques siècles pour qu’une propagande au sens plus moderne du terme se développe. Elle est aidée en cela par les nouveaux outils de communication et l’alphabétisation de la population.

Dans les régimes totalitaires, la propagande devient une véritable institution d’État. Le psychologue Serge Tchakhotine écrit en 1939 un ouvrage au titre évocateur : « Le Viol des foules par la propagande politique ». Dans ce livre, il explique que la propagande de ces régimes cherche à stimuler les prédispositions psychiques primaires de la population : pulsions combatives, sexuelles, grégaires…

Et on utilise pour cela tous les outils à disposition : livres, affichages, architecture, radio, ou encore cinéma. D’où des livres comme Mein Kampf, des affiches célèbres que vous avez certainement étudiées au lycée ou encore les immenses statues de Lénine.

Côté cinéma, le modèle du genre est le film « Le Triomphe de la Volonté » sorti en 1935. Vous ne le savez peut-être pas, mais cette œuvre a servi d’inspiration à de nombreuses autres extrêmement populaires. On pense à Star Wars ou plus récemment à la série Game of Thrones.

Qu’il soit au service du divertissement ou de la manipulation politique, le pouvoir des histoires et des images reste le même.

Le spin doctor, un propagandiste moderne

Dans les démocraties, la propagande prend des allures un peu plus nuancées. La particularité de la propagande dans les démocraties réside dans le fait qu’elle n’est pas forcément le fait de l’État.

Elle peut aussi émaner d’institutions privées, et on parlera alors plutôt de « relations publiques ». Doux euphémisme pour désigner toutes les pratiques destinées à manipuler l’information et l’opinion en vue de donner une vision partisane de certains faits.

C’est ainsi qu’apparaissent les premiers Spin Doctors. Ce nom dérive de l’anglais « to spin », qui signifie « tourner », mais aussi « broder » dans le sens figuré français. Ces spécialistes de l’image des acteurs publics et privés utilisent les médias pour valoriser leurs clients auprès du public.

Le cas de la propagande électorale

En France, le terme de « propagande » a toujours une vraie existence. C’est même un terme consacré par le Code électoral.

Il désigne l’ensemble des documents, affiches, tracts et tout autre moyen plus ou moins original déployé par un parti politique ou un candidat lors d’une élection.

Les jolies petites affichettes que vous recevez dans votre boîte aux lettres à chaque élection sont donc de la propagande politique.

Et vous l’aurez deviné si vous suivez régulièrement nos vidéos, les ressorts utilisés sont toujours les mêmes : Ethos, Logos et Pathos.

Du côté de Pathos

Si on se base sur les documents distribués lors de la dernière campagne politique, les élections européennes, on constate que la plupart des partis ont eu recours à leur procédé traditionnel.

Ainsi, du côté des partis classés les plus à gauche, comme Lutte ouvrière ou le PCF, on utilise Pathos. Le rouge est omniprésent et les slogans fustigent une Europe du grand capital, comme avec « Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ».

À la recherche d’Ethos

Côté France Insoumise en revanche, on met de côté la rhétorique révolutionnaire pour privilégier Ethos. On retrouve ainsi la figure de Jean-Luc Mélenchon, ancien professeur, ancien journaliste, ancien candidat à l’élection présidentielle et bien sûr chef de son parti. Il prend cependant le risque d’éclipser sa tête de liste aux Européennes.

Le même procédé est utilisé par le Rassemblement national. La tête de liste étant peu connue du grand public, on mise sur l’Ethos de la figure de la présidente du parti et sur sa légitimité d’ancienne candidate arrivée au second tour de l’élection présidentielle française.

Europe Ecologie les Verts mise aussi sur l’Ethos, non pas forcément de leur tête de liste, mais de leur légitimité à porter au niveau européen les thématiques écologiques.

Évidemment, la liste de la République en Marche compte aussi sur l’Ethos. Elle met en avant la figure présidentielle d’Emmanuel Macron.

Tout sur le Logos

La particularité de ces déclarations pour les Européennes, c’est qu’elles font toute la part belle à Logos. De longs textes, des propositions chiffrées point par point, des rappels sur la date du vote. Ces supports se veulent plus explicatifs que réellement propagandistes.

Ce qui explique sans doute pourquoi la plupart d’entre nous avons plutôt tendance à les jeter qu’à nous plonger attentivement dans ces textes peu engageants. Logos et la propagande, vous l’aurez compris, ne sont pas vraiment de très bons amis.

On lui préférera largement Pathos, que l’on peut retrouver beaucoup plus facilement dans les postes de télévision.