Les trois-huit

Absolutely Fabulous ou la communication dans les séries

Avant l’avènement des réseaux sociaux, on savait rire avec dérision et ironie. C’était avant les fake news. Quand la réalité n’était pas aussi caricaturale et que les séries avaient de l’humour. Même les séries qui parlaient de publicité et d’entreprises. C’était avant. Et pour quelques petites choses, c’était beaucoup mieux.

Avant l’an 2000, j’étais habillée en Chevignon, je voulais posséder un Tatoo et je rêvais sur les téléphones portables des catalogues d’Itineris. A cette époque, avoir le câble signifiait faire partie de cette petite minorité qui n’était pas obligée de supporter les programmes des 4 chaînes accessibles du PAF (Canal était payante et Arte, ben c’est Arte).

Une décennie de bonnes séries télévisées

Avoir le câble, c’était voir les films en VO et en avance pour ceux qui n’allaient pas au cinéma. Enfin, c’était surtout Canal Jimmy. Friends, X Files, Twin Peaks pour ne citer qu’elles. Merci Jimmy. Sans toi, je n’aurais définitivement eu aucun argument compétitif dans la cour (je ne fumais pas et je lisais des livres ☹). En revanche, je voyais les séries en anglais et avant les autres !

Ab Fab, c’est grotesque, c’est excessif, c’est drôle, c’est méchant. Même 20 ans après, c’est toujours très pinçant et d’actualité.

Ab Fab, ou comment rire de la communication à outrance

Un jour, j’ai découvert une série qui a changé ma vie. Absolutely Fabulous (Ab Fab pour les intimes). Il s’agit donc de l’histoire de deux copines de longue date, dépendantes l’une à l’autre dans une relation passive/agressive tout à fait jouissive pour le spectateur, qui font la pluie et le beau temps dans le Londres des années 90 et début 2000. Car Patsy et Edina étaient des avant-gardistes. Cultivées, toujours dans l’outrance, maniant l’ironie, l’esprit, le second degré. L’une comme l’autre prêtes à tout pour exister. Aujourd’hui, elles seraient des socialites instagrameuses, fan de Gwyneth Paltrow, comme il en existe des milliers.

Plus de champagne, moins de Excel

Enfin, Ab Fab m’a appris une chose, qui me sert tous les jours dans ma profession. Le spectacle est aussi important que le travail de fond. Pourquoi faisons-nous ce métier ? Pourquoi avons-nous choisi d’être communicant ou publicitaire ? Pour le glamour, pour l’outrance, pour le fun. Malheureusement, ce grain de folie se noie désormais sous les ROI et autres taux de reach. Je l’avoue : j’ai fait ce métier pour éviter les plans comptables et les tableaux Excel. Ainsi, je préférais l’idée de jouer avec les mots et boire du champagne. Mais heureusement, cela m’arrive assez souvent (jouer avec les mots, pour le champagne, c’est à consommer avec modération). Sinon, époque oblige, je me soigne en regardant Dynasty sur Netflix.

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