Je traverse la rue

Le chantage à l’écologie

Une chronique de Jean-Marc Vittori dans Les Echos de ce matin rejoint mon classeur de coupures de presse que je garde toujours sous la main pour mes entretiens NQT.

Elle évoque une pétition qui proclame un Manifeste étudiant pour un réveil écologique. Les futurs diplômés s’engagent à questionner la dimension environnementale de leur futur emploi, quitte à boycotter des entreprises !

Souci d’intégrité louable, mais la démarche ne comporte-elle pas quelques dangers ?

  • Est-ce qu’un obscur Bac+5 de province peut faire autant la fine bouche qu’un Polytechnicien chassé ?
  • Est-ce que les étudiants pensent vraiment que les centaines ou milliers d’employés et fonctionnaires des entités économiques se lèvent chaque matin en se demandant comment détruire un peu plus le monde ?
  • Est-ce que l’intégrité est au prix du chômage ?
  • Est-ce que le courage n’est pas d’aller là où l’on estime que ça ne va pas, de voir ce que l’on peut faire en écoutant, en apprenant, en proposant et en s’impliquant, de l’intérieur ?

Pas un des entretiens que j’ai menés n’a pas tourné une fois autour de la question du sens, sous une forme ou une autre : éthique, morale, écologie, etc. Une pudique façon surtout de dissimuler sa détresse légitime face au chômage. Mais qui cela intéresse ?

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