Cultures en pots

Combler la brèche

Les Nantais ont la chance inouïe d’avoir produit quelque chose qui profite indéniablement à l’édification du reste de nos compatriotes, voire même de l’ensemble des camarades de toute la francophonie. Cette chose merveilleuse nous délivre régulièrement des trésors culturels, pour les petits comme pour les grands, et nous promène dans les contrées insondables de l’imaginaire et du merveilleux.

Non Jean-Claude Bourré, il ne s’agit pas des bars de l’Île de Nantes, lieux maudits des vrais et forcément vieux rockeurs du terroir qui ont vu, concomitamment à la relocalisation des lieux de sorties vers ladite île, la gentrification de leurs anciens et honnêtes rades, reconvertis en condominium à 5000 € le mètre carré.

Non Ginette Magdelon, il ne s’agit pas de ta troupe d’art de rue préférée qui réussit la double performance de faire payer deux fois un spectacle gratuit : pignage pour subvention (côté royal) chouinage pour facturation (côté luxe), au nom de l’indépassable « culture et puis c’est comme ça et c’est pas autrement sinon je te traite de plouc ».

Young happy man drawing with two smiling sprays

Sapristi ! Ainsi donc Banksy, c’était Gérard !

Oui mon petit Louis Braille, bien vu, je parle bien évidemment de la librairie l’Atalante. Librairie et éditeur particulièrement fréquentable de romans de genre — ceux que votre professeur de français ne veut pas que vous lisiez — qui nous aura notamment importé, entre autres choses, Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, traduit par l’excellent Patrick Couton.

Et dans ces autres choses, justement, j’ai découvert un truc assez incroyable. Vous voyez les téléfilms de M6 du samedi ou dimanche après-midi, avec le choix entre tornades/inondation/volcan/virus + nom d’une grande ville américaine ? Mais si, ceux avec des acteurs de télé qui ressemblent presque à Kurt Russel, sans la grosse mâchoire, ou à Bruce Willis, sans les muscles, ou à Jason Statham, mais avec des cheveux ?

Eh bien ça existe en livre ! Mais oui, et en plus, ça se paie le culot d’être encore plus un page turner qu’un Stephen King. De quoi s’agit-il ? De La Trilogie de la Brèche, pardi ! Patrick Lee, l’écrivain, nous livre un thriller de SF qu’il est impossible de lâcher depuis le premier tome, l’Entité 0247, jusqu’au dernier, Ciel Profond (en n’oubliant pas le deuxième, Le Pays Fantôme, sinon on ne comprend rien, mais je n’ai pas besoin de le dire, car vous êtes malin, n’est-ce pas ?).

Vous résumez ça serait idiot parce que dans le fond, le propos n’est pas hyper évolué, l’intrigue pas super fouillée et les personnages pas tellement importants. Mais l’ensemble de ces ingrédients médiocres (oui Stéphane, j’utilise le mot « médiocre » comme ce que marquait ton professeur de dessin sur tes gribouillages au collège) sont infiniment supérieurs à leur simple somme. La raison ? J’en sais rien, sinon je serais critique au Magazine Littéraire, pas rédacteur dans une agence de com’, mais ça doit avoir un rapport avec le rythme et quelques apports des jeux vidéo.

Donc pour changer ce week-end, plutôt que de vous binge-watché Supernatural, faites un vrai truc de snobs, mais qui sera aussi satisfaisant que la télé : achetez trois beaux livres à 20 euros pièces, et lisez La Trilogie de la Brèche en moins de 48 heures. Vous pouvez le faire.

NDLR : l’auteur de ce texte est un véritable hypocrite, Nantais de surcroît, qui est capable de déclamer l’ensemble des répliques de Crowley dans sa période Démon des Croisements, parce que Supernatural après la saison 5, c’est quand même n’importe quoi.

#copywriting #storytelling #rhetorike

Catégories :Cultures en pots