Tribulations actives

La bonne couverture

La Sécu, les mutuelles, les assurances… autant de choses dont on ne se soucie guère avant d’être confronté aux dures réalités de la vie d’adulte indépendant.

Oh, bien sûr, la rencontre se fait « en douceur ». D’abord avec les mutuelles étudiantes (qui sont depuis peu devenus des complémentaires santé avec la fin de la sécurité sociale étudiante, jugée inefficace). Quiconque a suivi des études supérieures ces dernières années a fait face à cette horde de saisonniers squattant les halls d’inscription des universités pour vous attirer dans les filets de sa mutuelle employeuse d’un été. Mais rendons-nous à l’évidence : dans ce véritable Hunger Game mutualiste, la prime revient surtout au plus rapide pour vous alpaguer. Ou alors à la mutuelle dont le fils du frère du voisin de votre cousin n’a pas eu se plaindre pendant ses études, alors il faut absolument prendre la même selon vos parents. C’est beau, le réseau.

dogs scientists in laboratory

Le chien de Gérard s’est récemment fait arrêté pour exercice illégal de la médecine.

Le résultat ? On souscrit sans trop se poser de questions, la relation dure tout le long des études, et tout le monde est content. Oui, mais voilà, passé le cap des études, il faut se pencher pour de bon sur le sujet. Parce qu’avec plus de 400 mutuelles sur le marché, inutile de dire que c’est la jungle.  

Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, alors que les GAFA et les Insurtech se lancent lentement mais sûrement sur le marché de l’assurance santé, 80% des « Millenials » se déclareraient tentés . Des acteurs que l’on connait bien, une facilité d’accès, bref, un univers plus sécurisant qu’une plongée dans l’inconnue.  

Pour l’anecdote, j’ai été confronté, l’année dernière, dans le cadre de mon précédant travail, à un communicant travaillant pour une mutuelle santé. Celui-ci, du fait de mon jeune âge, me trouvait tout désigné pour évaluer si ses propositions d’offres étaient adaptées à un public de jeunes actifs. Mais la vérité, c’est que je n’en avais strictement rien à faire de ses offres ! En éternel littéraire que je suis, les alignements de chiffres et de formules de ses propositions n’étaient bons qu’à me donner de l’urticaire.

Pure fainéantise intellectuelle, sans doute. Mais force est de l’avouer, c’est tout de même plus simple et plus rassurant (en plus d’être de toute façon obligatoire), de se contenter de signer le papier d’adhésion que le courtier d’assurance de l’entreprise a sélectionné pour nous.  

Autrement, c’était probable, je me serais jeté dans les bras de Jeff Bezos.  

 

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