Leçons (im)pertinentes

L’importance des fake news… est une fake news !

Souvenez-vous ! Il y a deux numéros, nous vous faisions une petite frayeur en vous annonçant la disparition de Merlin. C’était l’occasion de vous faire quelques rappels historiques sur ce phénomène que la presse et le grand public semblent avoir découvert à l’occasion de la campagne politique d’un grand blond au nom de canard.

Young businessman with digital tablet in office

Gérard n’en revient pas : son équipe de trolls à fake news vient de faire croire aux Britanniques que Meghan Markle était une mauvaise actrice de séries sur Netflix… Euh, attendez…

Figurez-vous qu’il n’y a pas que nous que le sujet intéresse ! Le CNRS s’est lui aussi penché sur la question, et leur conclusion est sans appel : « Il n’y a pas eu de tsunami de fake news » pendant la campagne présidentielle française.
Pendant près d’un an, une équipe de chercheurs s’est penchée sur cette problématique ô combien fondamentale et a analysé plus de 60 millions de tweets. Le verdict ? 4 888 tweets comportant un lien référencé comme une fausse information par le décodeur du Monde. Soit 0,081%.

Pas de chance pour Vélès, cette ville de Macédoine devenue la capitale mondiale des fake news (eh oui, fini la mode des mineurs de fond, bonjour les mineurs de fake news).
Bon, il faut l’admettre, l’étude a ses limites : le réseau des gazouilleurs est certes le plus politisé, mais il n’est pas le plus utilisé, surtout en France. La preuve, si on écoute Goran, un gentil producteur de fake news, c’est surtout le marché américain, qui est lucratif.

Au-delà des considérations sur leur importance concrète en France, une chose est sûre, l’État s’y attaque !
Vous pourrez bientôt surfer en toute quiétude sur le net, le projet de loi sur les fake news arrive ! Logique, ça a tout de même été assez répété, que les fake news étaient un danger pour la démocratie. Vous l’aurez compris, il y a derrière tout cela un discours. Qui s’appuie sur nos bons vieux amis Ethos et Logos pour justifier le vote d’un tel projet. Et que retrouve-t-on en face ? Ô surprise, une opposition qui de son côté joue sur le registre de Pathos en lançant de vibrants plaidoyers contre la mort de la liberté d’expression.
Bien, pas bien, on vous laisse juger. Mais si vous voulez un petit conseil, que la loi soit votée ou non, soyez tout de même vigilant en surfant : on vous l’a dit la dernière fois, que l’info truquée existe depuis la nuit des temps !

Alors rassurez-vous pour Vélès et ses mineurs 2.0, leur filon d’or n’est pas près de s’épuiser.

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