Leçons (im)pertinentes

Exercices de style

Désolées, Gérard, on a voté : ton gilet en laine d'alpaga est atroce.

Consigne : Trois textes de 500 signes accompagnant et décrivant la photo. 30 minutes.

1 – Style : drame intense
Brandon n’est pas le futur père de l’enfant que porte Maureen (à gauche). C’est Jenifer (à droite).

Brandon sentit son univers s’écrouler tandis que ses mains moites tenaient la preuve accablante : il n’était pas le père du futur Brandon Junior, c’était Jenifer ! Cette trahison était insoutenable et son esprit refusait l’évidence. Peut-être que le docteur Mc Coy s’était trompé ? C’était forcément lui avait fécondé Maureen ! Pourtant, une part de lui-même se rappelait qu’elles avaient été amantes, peu de temps avant l’opération de changement de sexe de Jenifer, Jean-Claude Bidet, de son état civil.
Cette version est écrite par Serge.

Il entra dans la pièce de manière discrète. La sueur perlait sur son front. La gorge le serrait. Les larmes lui montaient aux yeux. Il n’était pas le père de l’enfant qu’attendait Maureen. Il lui tendit le résultat du test ADN, la main tremblante de colère. Maureen le regarda avec un rictus de plaisir sadique en lui désignant Jenifer. Brandon sentit ses pieds se dérober et sa mèche, toujours si impeccable, graisser et coller à son front.
Cette version est écrite par Aurélie.

Brandon entre dans le bureau et découvre que Maureen et Jenifer sont plongées dans une discussion houleuse. Il apprend, plein de rage et de tristesse, qu’il n’est pas le père de l’enfant qu’attend Maureen. Lui qui y croyait tant… La déception est immense. Il frôle l’arrêt cardiaque quand il apprend que le père est en fait Jenifer, transgenre depuis maintenant 15 ans. Lui qui n’y a vu que du feu depuis des années en reste bouche bée. Sa vie entière se voit questionnée !
Cette version est écrite par Mégaëline.

2 – Style : dialogue intérieur
Charlène vient de renverser son café Lungo sur sa console de Minutemen et envoie un missile nucléaire sur Pyongyang. Elle nie, alors que tout le monde l’a vue faire.

 » Eh merde. Qu’est-ce que tu es maladroite! Au prix du café bio-équitable, c’est malin. Bon tu vas essuyer avec ton pull… Fabrice fait une drôle de tête. Non….. Ah bravo, tu viens de déclencher une guerre. Respire… Respire… Respire. Tu es en stage depuis deux jours et tu déclenches une guerre. Sans rire. Léa me dévisage, livide. Respire… éponge tranquillement la console comme si de rien n’était. Jette le mouchoir négligemment. Va fumer une cigarette. Tout ceci n’est jamais arrivé.
Cette version est écrite par Aurélie. 

 » Mais c’est pas vrai, qu’est-ce qu’ils ont tous comme ça à crier et à me prendre la tête ? C’est pas comme si c’était grave après tout : d’abord, c’est parti et on peut rien y faire. Ensuite, je ne sais même pas où c’est la Corée du Nord. Je sais juste qu’il y a là-bas des gens tout gris et tout tristes et qu’ils sont opprimés par un méchant Saddam Hussein asiatique. D’ailleurs, ça me fait penser que j’ai envie d’un menu L3 sauce aigre-douce pour ce soir.  »
Cette version est écrite par Serge.

 » La situation est telle que Charlène ne sait plus où se mettre. Elle préfère dire à tout le monde que tout ceci n’est qu’un accident causé par sa voisine. De toute façon ce n’est pas elle qui a renversé ce café, ni même elle qui l’a fait couler. Alors pour quelle raison devrait-elle être obligatoirement la coupable ? Elle se sent tellement stigmatisée dans cette entreprise. La discussion sans fin l’agace et elle préfère claquer la porte. Laissant ces nazes derrière elle. »
Cette version est écrite par Mégaëline.

3 – Style : reportage journalistique
La direction veut pratique un management innovant : elle enferme à la cave les salariés par groupe de trois pour décider lequel d’entre eux continuera sa carrière ailleurs.

Une entreprise française se lande dans le management 8.02, pratiqué depuis de nombreuses années dans les entreprises russes. Les salariés, sous consentement bien sûr, sont enfermés par groupe de trois à la cave. Lors de ce moment riche en convivialité, et en proximité, ils doivent décider conjointement de l’élimination d’un des membres du groupe. Ce moment créé de véritables liens au sein des équipes salariales. Il permet aux collaborateurs de gagner en efficacité. Cette méthode fait largement ses preuves au cœur des entreprises qui l’appliquent. Elle tend à se développer et se répandre dans tout le monde entrepreneurial. Affaire à suivre donc !
Cette version est écrite par Mégaëline. 

Grâce à la nouvelle loi de 2022 sur le licenciement immédiat, des start-up innovantes et vertueuses testent de nouvelles façons de libérer leurs collaborateurs en coconstruisant des ambiances de travail cosy, facilitant le team building. Ainsi, l’une d’entre elles invite ses salariés à un séminaire dans une pièce à l’éclairage électrique pour valoriser la loi du plus fort. Et ça marche ! En deux semaines, 30 personnes se sont libérées et sont parties tenter une expérience enrichissante et personnelle à l’extérieur des murs de l’entreprise.
Cette version est écrite par Aurélie. 

La direction de l’entreprise S. Milgram a décidé d’appliquer les dernières avancées en matière de management : la restructuration responsabilisante. Comme pour la décimation romaine, mais à la racine carrée (presque), les participants décident lequel d’entre eux sera remercié, ce qui est tout de même une véritable avancée démocratique et une meilleure prise en compte des aspirations aux responsabilités des collaborateurs. Ici, notre jeune ami semble en difficulté face à une alliance féminine de circonstance, mais il n’est pas exclu qu’il fasse usage d’un argument de vulgarité…
Cette version est écrite par Serge.

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