Leçons (im)pertinentes

Apriori, le cout de l’ognon est dans le portefeuille

« Guerre », « bataille », « tollé », « choc »… La réforme de l’orthographe suscite un réel emballement dans les médias et sur les réseaux sociaux. Alors, tempête dans un verre d’eau ou véritable cataclysme pour notre langue ?

Au programme de cette réforme, la disparition du trait d’union de certains mots composés au profit de la soudure (porte-monnaie devient portemonnaie), des harmonisations (« chariot » devient « charriot » comme « charrette »), l’invariabilité du participe passé de « laisser » suivi d’un infinitif (elle s’est laissé mourir), etc. Mais le vrai scandale est venu de la disparition de l’accent circonflexe des lettres i et u, sauf pour les terminaisons verbales et les homonymes (sûr, mûr, jeûne…) afin d’éviter toute confusion…

Seulement 4 % du lexique concerné, soit environ 2 400 mots, une « rectification » de l’orthographe décidée depuis 1990, facultative qui plus est, et pourtant… son annonce, depuis que tous les éditeurs de manuels scolaires ont décidé de l’appliquer à la rentrée prochaine, a ému les puristes de la langue, notamment certains médias, indignés de « la mort de l’accent circonflexe » et horrifiés du « triomphe du low cost » et du « nivellement par le bas »…

C’est oublier que la langue française, si ardemment défendue aujourd’hui, est riche des multiples réformes qui ont jalonné son histoire. Qu’une langue est faite pour évoluer : si « oignon » voit maintenant son i disparaître, « naïfve » a en son temps été débarrassé de son f, et « nénufar » a comporté le sien jusqu’en 1935…

Mais que ceux pour qui la pilule a encore du mal à passer se rassurent, ces règles sont seulement proposées, pas imposées. Les deux orthographes pourront donc être utilisées. De quoi faciliter le travail des professeurs de français…

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