Leçons (im)pertinentes

De l’art de la guerre

La terrible actualité illustre parfaitement la force qu’ont les mots dans la sphère publique.

C’est ainsi qu’un certain langage pondéré et mesuré, peut-être même un peu aseptisé, a brutalement laissé place à une rhétorique martiale. Qui aurait imaginé il y a encore un mois un ministre français dire que « les terroristes ne détruiront jamais la République, c’est la République qui les détruira ». Ici, le mot « détruire » revêt un sens bien particulier, car détruire quelqu’un, c’est faire périr un être vivant que l’on tient pour nuisible. En l’espèce, le mot utilisé par le ministre de l’Intérieur semble très à propos et lourd de sens, puisqu’il a été repris ensuite par le président de la République lui-même.

Et de conclure que l’on peut débattre encore longtemps pour savoir si guerre il y a, le discours a, pour sa part, déjà clairement tranché.

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